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Complicated (The Matrix Mix) - Avril Lavigne

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1 Complicated (The Matrix Mix) - Avril Lavigne
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2 Always - Saliva
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Je ne préviens que ceux qui me le demande sur le dernier chapitre posté ! :)
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# Posted on Thursday, 29 October 2009 at 11:24 AM

Edited on Friday, 20 November 2009 at 12:48 PM

.- Sommaire -.

.- Sommaire -.
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___________________Prologue

___________________"Smile."


___________________Nouveau Monde. En cours d'écriture.
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# Posted on Saturday, 24 October 2009 at 5:22 AM

Edited on Sunday, 25 October 2009 at 3:56 AM

.- Prologue -.

.- Prologue -.
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l-aubeCe matin-là, je m'étais sentie vide. Comme dépourvue de sentiments. Mon c½ur était froid, très froid. Mes pieds et mes mains aussi. Mon corps aussi.
l-aubeCe matin-là, il pleuvait. Les quelques rayons de soleil filtraient paresseusement à travers mes rideaux usés par le temps. Les gouttes d'eau claquaient violemment contre mes vitres, toujours et encore au même rythme. Le vent se mêlait à cette symphonie douce mais à la fois violente, formant un duo.

l-aubeCe matin-là était pourtant une matinée d'automne ordinaire...



« Souris, mon ange ...
Pour toujours ...

Smile. »
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# Posted on Saturday, 24 October 2009 at 5:39 AM

Edited on Friday, 30 October 2009 at 12:57 PM

.- L'aube. -.- " Smile. " -.

.- L'aube. -.- " Smile. " -.
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l-aubeJe me levai difficilement, cherchant, comme chaque matinée, un prétexte pour ne pas aller travailler.
l-aubeJe n'étais qu'une simple étudiante dans une école spécialisée dans la BD et l'illustration. Je devais me lever tôt le matin et je préférais étudier à la bibliothèque, ce qui m'obliger à rentrer tard le soir. Heures banales, journées banales, mois banals. Et je devrais peut-être dire aussi années banales, mais se serait renié le plaisir que j'ai, tout de même, à dessiner et à voir certaines personnes.
l-aubeMa chambre aussi était assez banale. Mon lit près de la fenêtre avec une table de nuit et une lampe dessus, une armoire relookée à ma façon, et des étagères où mes quelques livres mal rangés donnaient tant bien que mal une sensation de non vide. Les murs étaient peints en un gris bleu qui convenait aussi bien à moi qu'a ce temps monotone.
l-aubeAprès m'être préparée, je pris soin de fermé mon petit studio et de bien rangé la clef dans mon sac.
l-aubeJe pris le chemin du métro. Comme une « grosse paumée de la vie », j'avais oublié mon parapluie. J'ai dix-neuf ans aujourd'hui, et je n'ai toujours pas appris à ne pas oublier un misérable parapluie. D'autant plus que ce dernier était troué. Maudit soit le jour pour lui où j'ai décidé de prendre un peu de mon argent de poche pour l'acheter.
l-aubeAu bout de la rue, je distinguai le tunnel qui descendait pour m'emmener vers la foule et le bruit, mais aussi vers le sec et le travail. Tout le monde se bousculait. On ne savait plus où mettre les pieds, les mendiants devaient êtres littéralement écrasés. Mais moi aussi, je l'étais, alors pour l'instant, je me fichais bien des SDF. Un homme qui faisait deux fois ma taille me poussa en m'écrasant le pied. La tête haute, il dominait toutes les personnes et regardait droit devant lui.
l-aube« Faites attention ! » criais-je.
l-aubePersonne ne répondit. Il partit, laissant derrière lui ma colère. « Quelle belle matinée ! » pensais-je. « Idéale pour foutre des fessés aux gens comme celui-là, ouais ! »
l-aube« Et la politesse, retournez chez votre mère si vous l'avez oubliée ! » hurlais-je en voyant l'homme s'éloignait dans la foule.
l-aubeJ'arrivai devant les machines de compostages et je sortis mon Pass Navigo. Je le passai sur le motif mauve et regardai l'écran de la petite télé indiquant l'heure de passage des trains. Le prochain était retardé ...yahoo ! comme chaque matin et chaque soir. Qu'avais-je fait de si horrible au monde pour mériter tout cela ? Heureusement que je n'avais pas oublié mon écharpe, sinon j'aurais été aussi enrhumée que l'homme qui était à quelques mètres de moi.
l-aubePour m'aider à patienter, je m'adossais à un gros poteau et je commençais à somnoler. Je sentais quelque chose de désagréable contre mon sac, mais je ne réussissais pas à soulever mes paupières. Ce fût l'arrivée de mon train qui m'aida à immerger. Mon regard se dirigea tout de suite sur mon sac. Je vis un homme de couleur de peau noir, grand, habillé comme une vraie racaille, qui me regardait avec un sourire niai et, bien sûr, sa main en plein dans mon sac. Furieuse, j'enlevais sa main et lui donnais un gros coup de poing dans le ventre, en prenant bien soin de le rentrer dans son estomac. Je reculais d'un pas, et le regardais – je ne saurais vous cacher que j'étais contente de moi, et que j'affichais un petit sourire - se tordre en deux sous les indignations des gens.
l-aube« C'est n'importe quoi ! De là à utiliser la violence ! »
l-aube« C'est tout simplement inadmissible que des gens volent ! »
l-aubeJe ne fis pas attention à leurs remarques, et me rappelais que le train n'allait pas m'attendre.
l-aubePuisque j'étais entrée en dernière dans le wagon, je ne fus pas étonnée qu'il n'y ait plus de places, même si c'était toujours le cas.
l-aubeJe pris mon Mp3, l'alluma, mis les écouteurs à mes oreilles et choisis une chanson.
l-aube« Play. »
l-aubeEt c'était parti pour trois quarts d'heures de trajet.

-

l-aubeJe sortais de la station de métro. Je me disais ; « Enfin de l'air frais, où l'on ne baigne pas dans l'odeur de la transpiration du matin. ». Mais non. Cela n'allait pas. Frais ? J'inspirais de l'air. Non. À part l'odeur de l'essence, ça ne sentait pas grand-chose, en tout cas il n'y avait rien de frais, de pur. J'avais de ces idées, moi ...
l-aubeJe décidais, exceptionnellement, de prendre un raccourci, car les trains avaient été encore plus en retard que d'habitude, à ma grande peine. J'hésitais quand même, car je n'étais jamais passée par ce côté de la ville, et je n'osais imaginer se que ma poisse légendaire aurait pu m'amener d'autre que de mouiller tout mes cahiers de cours. Pourquoi diable avais-je pris un chemin que je ne connaissais pas ? Si je ne changeais pas mon itinéraire, je devrais courir un minimum. Et comme, chez moi, « me dépêcher » signifiait « stresser », je ne vais pas faire trente-six lignes pour dire à quel point je me sentais courageuse pour faire quelque chose de la journée.
l-aubeJe m'engageais dans une ruelle étroite et sombre, où les quelques portes et fenêtres étaient barricadées. Les deux grands immeubles empêchaient la lumière du matin de m'éclairer. De ce fait, quelques lampadaires disposer par-ci, par-là, me permettaient de voir où je marchais. Je regardais autour de moi, un peu gênée par ce silence inattendu. Peut-être avais-je peur ? Sûrement. Cette rue me ressemblait ...En certains points, et d'une certaine façon. Aussi renfermée, voire insociable ? Il faut juste trouver la bonne personne qui pourra découvrir la « clef de votre esprit ». Bah ... Je commençais à faire de la philosophie, moi. Mais, moi, est-ce que je l'ai trouvée, cette « clef » ...? Et ces deux bâtiments qui m'entourent, est-ce qu'ils vont la trouvée ... ?
l-aubeEt mon esprit pouvait vagabonder comme cela pendant des dizaines d'heures. Une question en amène une autre, et ainsi de suite. Dommage que certains n'arrivent pas à s'évader comme ça, et à se remettre en question. Je trouve que c'est enrichissant, d'une certaine manière.
l-aubeJe décidai de revenir à la réalité et de garder dans un coin de ma petite tête toutes les questions qui venaient de surgir de mon esprit. Je venais de faire, quoi ... ? Peut-être deux cent trente mètres et il n'y avait toujours pas eu d'intersection. J'étais pourtant sûre qu'il y en avait une ! Cela devenait inquiétant, aussi bien au sujet de ma mémoire de poissons rouges que pour les cours. Finalement, j'allais peut-être arriver en retard à l'université. Je continuais à marcher en accélérant le pas pendant environ soixante-dix mètres. Je ne continuai pas car, effectivement, c'était un cul-de-sac.
l-aube« Et merde ... »
l-aubeCes deux petits mots sortirent tout seuls de ma bouche. Je plaquai ma main contre mon front, et un petit bruit résonna. Un léger courant d'air me fit frissonner. J'étais belle et bien seule, dans cette ruelle lugubre qui me faisait froid dans le dos. Je m'appuyais contre le mur derrière moi, et me laissais glisser jusqu'à ce que je sois assise sur les pavés mouillés. Mon pauvre pantalon allait être trempé. Parlant plus pour moi-même que pour mon jean, je dis « Désolée. »
l-aubeJe mourrais d'envie de rester là, dans cet endroit humide où la solitude avait pris place. Rester là à regarder le jour se levait, attendre qu'il soit au zénith, prendre un bain de soleil tel qu'un lézard le ferait, méditer sur moi-même, mes petits défauts, et puis sur le monde qui m'entourait. Je devais être égoïste de penser ça. J'essayais de reprendre courage ; « Allez, courage, Rachel, tes amis t'attendent devant la salle de classe, et tes profs ... Non, tes profs, oublions-les. »
l-aube« Alors, il paraît qu'il faut que je lève mon derrière ? » me murmurais-je à moi-même. « En plus, il ne faut pas que j'oublie de rendre le CD à Chloé ... Espérons qu'aujourd'hui, je ne l'aurais pas oublié ... Parfois, je me demande comment je peux être aussi ... oubliarde. Je suis désespérante. »
l-aubeJe soupirais. Je restais quelques minutes, là, assise, à ne rien faire. Comme en attendant le train, je commençais à somnoler, lorsque des bruits de pas me firent sortir de ma torpeur.
l-aubeJe levai la tête et vis une silhouette d'homme assez flou qui s'avançait dans ma direction. J'essayai de distinguer ses traits, mais pour une raison que j'ignore, il avait disparu. À moins que se ne soit ma vision qui me joue des tours.
l-aubeJe regardais une dernière fois autour de moi avant de me lever, mais j'entendis le même couinement de chaussures sur le sol mouillé. Je scrutais le fond de la ruelle à la recherche d'une quelconque anomalie qui serait due à ce mirage. Soudain, je sentis quelque chose me frôlait, comme un gros coup de vent, sauf que j'étais persuadée que c'était une personne. Je me retournais brusquement, mais il n'y avait rien, à pars le mur contre lequel j'étais adossée quelques instants plus tôt. Je commençais à sentir la tension qui montait. Etais-je vraiment seule, ou devenais-je paranoïaque ? Je ne savais pas ce que je préférais. J'avais envie de courir jusqu'à ce que je sorte de cette allée infernale, mais mes jambes restaient clouer sur place. Tous les sens en alerte, je guettais le moindre son. J'examinais le toit des immeubles – ou plutôt, j'essayais car ils étaient trop hauts -. Il y avait quelqu'un. Je ne voyais rien, l'inconnu était à contre-jour. Je tendis ma main droite et la mise devant mon visage, comme la visière d'une casquette.
l-aube« Qui êtes-vous ? Et que faites-vous sur un toit d'un immeuble ? » demandais-je en criant assez fort pour qu'il m'entende.
l-aubeL'individu avait disparu. Maintenant, c'était sûr, il y avait une personne qui prenait un malin plaisir à me faire peur et à me tourner autour.
l-aubeJe réussis enfin à faire quelque pas en manquant de trébucher par deux ou trois fois. Je ne comprenais rien à ce qu'il m'arrivait.
l-aubeMes yeux étaient dans le vague, je ne regardais rien de précis. Sauf lorsqu'il se montra.
l-aubeIl était blond, avec quelques mèches virant sur le châtain clair. Il affichait la coupe typique des garçons, cheveux courts en bataille. Des mèches encadraient joliment son visage, lui donnant un côté plutôt mignon. Ses yeux, d'un noir profond, contrastaient avec sa peau blanche d'une pâleur que je n'avais encore jamais vue. Il était habillé simplement d'une veste qui montait en col roulé, d'un jean bleu foncé avec quelques déchirures par-ci par-là et des baskets blanches et noires. A vue d'½il, il était âgé d'environ vingt-trois ans.
l-aubeIl se tenait debout devant moi, arborant un beau sourire virant sur le sadisme.
l-aubeAu fond de moi-même, une petite voix me disait de courir sans m'arrêter jusqu'à ce que je sois en cours. Elle me murmurait aussi, avec une pointe de haine, que ce mec-là n'était pas quelqu'un de bien. Mais pas du tout, d'après elle. C'était le mal incarné, voulant m'utiliser comme une poupée de chiffon. « Et si tu ne fais rien, là maintenant, continuait-elle, tu vas tomber dans son vil piège. Allez ! Sauves-toi ! » Mais je n'y arrivais pas. J'étais comme scotché à lui. Mon regard se perdait dans ses deux onyx. Il semblait s'accrocher à quelque chose dans mes yeux. Je ne savais pas ce qu'il cherchait. Puis j'entendis vaguement une autre voix, mais grave cette fois, qui faisait reculer le plus loin possible la petite, celle qui me donnait le conseil de fuir. « Non ! » pensais-je inconsciemment.
l-aubeJe reculais jusqu'à me retrouver une nouvelle fois contre le mur. Je reculais, et lui avançait. Mes mains cherchaient frénétiquement quelque chose pour que je m'appuie, sans résultat, bien sûr.
l-aubeC'était évident et étrange à la fois, car il me faisait peur. Cet homme-là n'inspirait que l'épouvante.
l-aubeIl me regardait toujours, souriant. Il pencha légèrement la tête et s'approchait lentement de moi, tel un mort-vivant. J'écarquillais les yeux. Qu'est-ce qu'il me voulait ? Il s'arrêta net, à quelques centimètres de moi à peine. Je pouvais sentir son odeur, douce et délicate, rien à voir avec son comportement étrange. Puis il recula d'un peu moins d'un mètre, et il éclata de rire. Il avait un rire cristallin qui résonnait dans ma tête comme une berceuse. Tout de suite et comme par magie, mon inquiétude s'envola. Comme si l'on venait de souffler sur une poussière. Je fronçais les sourcils. Je ne comprenais pas mon comportement, ni le sien d'ailleurs.
l-aubePuis il s'arrêta d'un coup et se rapprocha de moi. Il me plaqua contre le mur. Il entrouvrit sa bouche, me laissant apercevoir des dents blanches, munies de deux paires de longues canines, étincelantes. Et la peur reprit sa place dans tout mon corps. Il m'attrapa mes bras, mais de toute façon, je n'arrivais plus à bouger tellement je tremblais. Le vampire le comprit sûrement car il pouffa d'amusement. Sa mâchoire se rapprochait dangereusement de mon cou, et je ne faisais rien. C'était si soudain, tout se passait trop vite. Il me regarda.

l-aube« Smile, mon ange, smile... Pour toujours ... » souffla-t-il entre deux rire.

l-aubeEt il planta ses crocs dans ma gorge, aspirant mon sang comme une sangsue et sans modération.



À suivre ...


(c) Elimane
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# Posted on Saturday, 24 October 2009 at 6:03 AM

Edited on Friday, 30 October 2009 at 1:06 PM

Chapitre 2 : Nouveau Monde.


Je poste le 2ième chapitre, mais IL N'EST PAS CORRIGÉ !
Il y aura donc sûrement des phrases en moins, ou en plus ...
Bref, lisez-le si vous le voulez, mais je pense que se sera du temps gâché.
Surtout qu'il faut que je refasse la trame des prochains chapitres, car l'intrigue avance trop vite à mon goût.

Voili voilou =)


J'ouvrais à moitié les yeux. Je ne vis rien, tout était flou et tâché de rouge. C'était à peine si je distinguais une silhouette.
Et soudain, une douleur me parcourut le corps. Une seule douleur, sourde, précise. C'était comme un éclair, une décharge électrique, un court-circuit. Elle passa d'abord à travers ma tête, continua pars mon cou, puis se coupa en trois. Deux éclairs arpentèrent mes bras, pour enfin résonnaient dans mes doigts. Le dernier continua son chemin à travers ma colonne vertébrale, et se sectionna encore pour poursuivre le long de mes jambes, et finit aux extrémités de mes orteils. Je croyais vainement que ce calvaire allait s'achever. Tout mon corps résonna, comme si j'étais une cloche humaine. J'eu seulement quelques secondes de répit, avant que cela ne recommence de plus bel. Mon crâne me faisait horriblement mal. Je serrais ma tête entre mes mains, espérant que cela allait se terminer. Puis j'eu mal à ma bouche, et plus précisément, à mes canines. Je ne savais pas trop ce qu'il m'arrivait, mais puisqu'un vampire m'avait mordu, j'en déduis que j'en devenais un et que c'était pour cela que j'avais mal à la mâchoire. J'avais légèrement mal aux jambes, et ce n'était rien comparé à ma mâchoire, mais tout réunis, je souffrais le martyre. Je m'entendais à peine crier et gémir. C'étaient des cris inhumains, sauvages, pleins de haine, et pourtant, ils sortaient de ma bouche.
Peu à peu, les douleurs s'estompaient, mais cela n'empêchait pas que ça avait duré une éternité – ou du moins, j'en avait l'impression. Et cette fois-ci, j'ouvrais vraiment les yeux – mes yeux de vampires.
Je voyais tout pareil, mais j'avais la ferme impression que tout était différent. Je vis à côté de moi mon créateur qui avait revêtu un sourire sadique et enchanté. J'étais par terre et me relevais péniblement, pleine de courbatures. Il s'inclina, amusé.
« Enchanté, très chère. Voici votre nouveau monde. »
Puis il éclata de rire et je fronçais les sourcils, folle de rage.
« Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. Pourquoi m'avais-vous fait ça ?! »
« Oh, la plupart que je transforme ne se rendent pas compte de ce qu'ils sont devenus. Vous, vous l'avez tout de suite su. Dois-je vous félicitez ? Quoi qu'il en soit, je ne vois pas de ce que vous vous plaignez. »
J'essayais de me calmer. Je n'allais aboutir à rien si je continuais comme ça.
« Est-ce que je pourrais au moins savoir votre nom ? »
« Ian. » dit-il en souriant.
Je ne fis pas attention à son sourire. J'aperçus quelque chose qui me tournait autour. Je reculais, et vis une petite créature munit d'une paire d'aile. C'était une fée. J'écarquillais les yeux, abasourdis. Je n'aurais jamais cru en voir un jour, et je ne me doutais pas qu'en devenant vampire, on pourrait les voir. Elle me fit un signe de la main amicale.
La fée avait de longs cheveux blonds, légèrement ondulés, et soigneusement peignés – vu comment ces petites pestes sont coquettes, cela ne m'étonnais pas. Elle était habillée d'une petite tunique mauve, lui descendant jusqu'aux genoux. Elle portait une parure simple, mais qui était cependant très jolie, argumentait avec des sortes de lacets enroulés autour de ses poignets et des chevilles.
Elle était tellement mignonne que j'eu envie de la dessiner.
« Et oui, commença Ian en haussant les épaules. Devenir une « créature fantastique », comme disent les humains, nous permet bien évidemment de voir les autres « créatures fantastiques ». »
« Il n'y en a pas d'autres ? » demandais-je en regardant atour de moi.
« Non. Elles n'aiment pas les villes. » me répondit Ian.
Je réfléchissais, les yeux dans le vague. J'avais envie de voir d'autres créatures, comme des fantômes ou des banshee. Ces « légendes » étaient donc vraies ! Sauf que personne n'y croyait. Les humains – je me surpris à utiliser ce terme sans me sentir directement concerné – avaient enterrés ces créatures, n'acceptant pas de voir plus loin que le bout de leurs nez. C'est cruel.
« Mais, pourquoi les humains nous voient ? » m'enquis-je.
« Ils nous voient d'une certaine manière ; ils n'arrivent pas à percer notre côté, disons ...meurtrier et en même temps légendaire. »
« Pourtant, j'ai bien senti, tout à l'heure, que tu n'es pas quelqu'un de « bon ». » dis-je en baissant la tête, perplexe.
« Ah, l'instinct des humains, peut-être, soupira-t-il en haussant les épaules. J'ai oublié depuis longtemps. »
Je commençais à avoir la gorge sèche, mais c'était différent qu'un simple besoin d'eau. Ça me brûlait, et mon sang dans mes veines était en ébullition.
« J'ai ... soif. » articulais-je.
Déjà, lorsque j'avais commencé à parler, Ian s'était retourné d'un coup, les yeux pétillants. Mais quand j'avais fini ma phrase, il était tout excité. Il tapa dans ses mains, et la fée partie, effrayée. Pouvait-on boire le sang d'une fée ?
« Dommage que moi, je n'ai plus faim. D'ailleurs, ton sang était excellent, merci, ça me retenterait bien un jour. Je vais t'aider pour ta première chasse à l'homme. »
Cette idée me dégoûtait, mais il fallait bien que je me nourrisse.
Il me fit un clin d'½il et me demanda de le suivre sur le toit. Je le regardais sauter, embarrassé. Ce n'était pas dans mes habitudes d'humaines de jouais à Jackie Chan. Il me regarda, et me criait de me dépêcher.
« Je ... ! »
Je ne finis pas ma phrase et le regardai s'éloigner. J'hésitais. En temps normal, je sautais comme une quiche. Alors je pris mon courage à deux mains, plia les jambes pour me donner plus d'impulsion, et sautai aussi haut que je le pouvais. Je bondis un peu trop haut, car je dominai tous les immeubles à l'horizon. Je vis même la station de métro. Ian me regardait, d'abord étonné, puis il prit son allure mécontent et me fit signe de le rejoindre. J'aurais bien voulu, mais sans même m'en apercevoir, je voyais le sol se rapprocher de moi à une vitesse vertigineuse. Ne sachant pas comment faire un bon atterrissage, je m'aplatis par terre du côté ventre. Je lâchai un cri de douleur, restant quelques minutes sur le sol mouillé. Je me regardais dans une flaque d'eau.
J'étais brune, avec une frange, puis dégradé qui englobait mes joues. Mes cheveux me descendaient jusqu'en dessous de mes épaules, et étaient ébouriffés – normal, avec la chute de dix mètres que j'avais fait -, mais je devais avouer que ça m'allait plutôt bien. Je me surpris avec une peau encore plus pâle qu'avant, contrastant parfaitement avec mes cheveux noirs de jais. J'avais les yeux verts, mais, autour des pupilles, il y avait du marron clair. Mes yeux étaient encore plus brillants qu'avant. Etait-ce dû à la soif ?
Je bondissais de nouveau, réussissant à attendre le toit de tuiles rouges où se trouvait Ian.
« Ce n'est pas trop tôt. Tu t'es magnifiquement bien aplati. » me félicita-t-il.
« Merci. » raillais-je.
Je regardais le sol, quand j'entendis Ian grogner. Je ne me retournais pas tout de suite, essayant de deviner ce qu'il se passait. Il avait mal, même très mal pour que d'un simple grognement, il est l'air aussi féroce. Pourtant, il avait bu de mon sang, il devrait être plus fort, voire invulnérable. Je l'entendis plaquer ses mains violemment contre son crâne. Il murmurait des injures qui devenaient de plus en plus perceptibles. En sueur, je me retournais lentement vers lui, terrorisé.
« Ian ... ? » murmurais-je.
Ian était maintenant à terre, recroquevillé sur lui-même. Je m'approchais lentement de lui, sur mes gardes. Je revoyais cet « homme » me sourire d'un sadisme se sentant à deux kilomètres à la ronde. Chez lui, tout me répugnait. Et pourtant, j'avais pitié de lui. Le voir souffrir comme cela, même si je ne savais pas pourquoi, et même si c'était un vampire, me faisait de la peine. Etais-je trop sensible ? Sûrement. En temps normal, j'aurais demandé à la personne où elle avait mal, si je pouvais faire quelque chose, et j'aurais posé ma main sur la sienne. À ce moment, c'était trop différent. Je voulais l'aider, mais je n'en avais pas le courage.
Quelques minutes s'écoulèrent sans que je fasse quoi que se soit. J'étais terrifié. Seul Dieu – mais à ce stade, est-ce que quelqu'un faisait un minimum attention à nous ? – savait si Ian m'aurait fait quelque chose si je m'étais approché de lui.
« Ian, qu'est-ce qui ne va pas ? »
J'avais enfin trouvé le courage de m'approcher de lui, et mes pieds s'accrochaient désespérément aux tuiles du toit. La respiration de Ian se fit plus régulière, et il ne gigotait plus dans tout les sens. Je posai ma main sur son épaule, et il la chassa en s'écartant de moi. J'en avais marre.
« Bon tu vas me dire ce qui ne va pas ou je me tire ! Je reste plantée là comme une idiote pendant que t'as mal pour une raison que j'ignore ! Tu crois que ça me plaît ? » criais-je.
Sur le coup, il ne broncha pas. Puis il se leva et se retourna vers moi. Je le sentais mal ...
« Si tu arrêtais de crier, hein ? Je pense qu'on va commencer par là. Ensuite, j'irai peut-être mieux. » dit-il nerveusement.
« Pff ! » marmonnai-je en me retournant, les bras croisés.
Il me toisa pendant quelques secondes. Je sentais son regard posé sur moi, c'était comme un laser, cela me brûlait le dos.
« N'empêche ... (Je le regardais.) Je ne savais pas qu'un vampire pouvait être malade ... »
« Je ne suis pas malade ! » hurla-t-il.
« C'est bon, ... J'ai compris ! » soufflais-je.
Il allait me faire passer pour la méchante de l'histoire, celui-là. Ben voyons, il croyait que j'allais me laisser faire ? Je l'entendais pouffer de rire. Et en plus, il trouvait ça marrant. J'aurais tout vu.
« Bon, tu vas aller chasser. » me déclara-t-il.

-

Nous allâmes jusqu'à une station de métro, à quelques pâtés de maison. Nous pénétrâmes dans le tunnel et nous installâmes dans le train, sous les regards intrigués des autres passagers. On ne me regardait pas autant, avant. Sentir tous ces regards braqués sur moi me donnaient la chair de poule. Ian avait l'air à l'aise, alors que moi, je gigotais dans tous les sens, en contenant l'envie de tuer une fille très belle – mais pas autant que moi, et je crois que c'est cela qui la gênait - qui me fusillait du regard. Et ça, plus ma soif n'arrangeait pas les choses. J'essayai de donner un coup de coude discret à Ian qui me regarda d'un air neutre. Il voyait que je n'allais pas tenir longtemps comme cela, et pourtant il ne me donnait aucune explication. Je me pinçai la lèvre inférieure, tandis que Ian regardait tranquillement à travers la fenêtre le tunnel sombre qui passait à une vitesse fulgurante.
J'étais persuadé que nous n'allions pas bougé d'un pouce, jusqu'à ce que Ian se lève, ne me laissant en aucun cas deviner ce qu'il comptait faire. Comme une poule et son poussin, je me levai à mon tour et le suivi, copiant chacun de ses pas. Nous nous dirigeâmes près de la porte de sortie, et je regardais les passagers qui descendaient de l'étage supérieur. Je m'adossai contre la paroi du train en serrant les bras contre ma poitrine, puis je regardai Ian. Il était paisible, comme à son habitude. Toutes ces personnes autour de moi me donnaient la migraine et mon sang s'ébouillait. Ma gorge était sèche ; trop à mon goût.
Le train s'arrêta dans un crissement assourdissant, les voyageurs descendaient tandis que d'autres montaient. Les portes se fermèrent brusquement, et nous repartîmes.
Je regardais mon ombre lorsque celle-ci se dissipa. Mon regard se dirigea vers la lampe qui grésillait. Je fronçais les sourcils et scrutait Ian. Il croisait les bras et ses yeux étaient fermés. On eu dit qu'il se concentrait sur quelque chose. Il avait un air sévère et je le scrutais, lorsque nous fîmes plongés dans le noir total.
Je ne me rendis pas compte de ce qu'il nous arrivait, et ce fût les cris des passagers qui me sortirent de ma semi transe. Je me passai la main dans mes cheveux en bataille et clignais des yeux à plusieurs reprises, jusqu'à m'habituer à l'obscurité. Les cris se calmèrent pour laisser place à des chuchotements intrigués, puis j'entendis une voix aiguë, ou plutôt un hurlement étouffé ; et je compris très vite toute cette mascarade. Ian, cet éternel vampire que personne ne soupçonnait contrôlait l'électricité, et apparemment il chassait de cette manière ; je me demandai même s'il était assez puissant pour privé de lumière tout le train en entier. Les cris redoublèrent, et dans la bousculade, je ne pus m'empêcher d'attraper une personne. C'était un homme d'une trentaine d'année, habillé d'un costar cravate et armé d'un sac fin à l'horizontal. Sans aucun scrupule, j'agrippai son cou d'une main et sa tête de l'autre, et je lui tordais la nuque ; son dernier soupir était un hoquet de peur. Il n'avait pas souffert, je ne m'en étais même pas rendu compte tellement j'avais faim. Je bus ensuite tout son sang, et le lâchai par terre dans un énorme bruit qui ne faisait que renforçait le brouhaha déjà existant.
« Ha ha ! Laissez tombée la marchandise ! »
Etat-ce bien moi qui avais dit cela avec un ton d'ivrogne ? Oui. La faim m'avais sans doute rendu aveugle sur mes actes et paroles. Je l'avais laissé tomber pourtant normalement, mais j'avais oublié que ma force était désormais décuplée. Je regardai mes avant-bras avec un air d'étonnement.
Je tuai comme ceci encore plusieurs humains. Je fus étonnée que l'alarme ne soit pas déclenchée par une personne, mais il faut dire que dans le noir, ce n'est pas de tout repos de chercher quelque chose.
Il se passa plusieurs minutes avant que Ian décide de faire réapparaître la lumière. Les passagers regardèrent béa les cadavres éparpillés sur le sol, et poussèrent des cris d'étonnement et de frayeur. J'aperçus Ian me regardait avec insistance de haut en bas, et je me rendis compte que j'avais du sang autour de la bouche, et des tâches sur ma veste – mais elles ne se voyaient pas beaucoup, puisque j'étais habillé en noir -. Je me secouais vivement la tête pour essayer de recouvrer mes esprits, et je m'empressais d'essuyer le sang rougeâtre de mon visage. Erreur fatale : certes, j'en avais un peu enlevé, mais je l'avais surtout étalé sur ma frimousse. Désormais, tout le monde me regardait avec des airs suspects, et une petite fille se réfugiait derrière sa mère. Dans un geste de désespoir, je m'écroulai par terre et me serrais ma tête. Je n'étais vampire depuis, quoi, à peine une heure, et j'étais déjà la plus imprudente de tous. J'avais tout gâché, j'étais à découvert.
La peur m'envahit et je sentis quelque chose d'étrange me traversait le corps. Je croyais que la peur devait vous faire mal au ventre, mais là, cela ne dura qu'un instant. Je regardais tour à tour Ian et les humains. Certains me fixaient, mais ils semblaient observés dans le vide, tandis que d'autres examinaient autour d'eux et dans l'arrière du wagon. Même Ian avait l'air perplexe. Je me demandais ce qu'il se passait et je me levais en regardant mes jambes. Je hoquetai de stupeur. Je ne distinguais que vaguement mes jambes. Les couleurs étaient beaucoup plus claires, et les contours flous. Je m'approchai de Ian et agitais une main devant son visage ; il ne me voyait pas.
Nous arrivâmes à une station, et la foule se dissipa peu à peu, tandis que je réapparaissais et que Ian me toisait avec un air lugubre.
« Comment as-tu fait ? » demanda-t-il.
« Fait quoi ? »
« Et bien ... Ca ! Tu as disparu ! Et là, tu es devant moi ! » s'exclama-t-il.
« J'ai fait ça, moi ? » m'étonnais-je.
« Oui ! C'est fantastique ! Tu as le pouvoir de l'invisibilité ! Tu es née il n'y a même pas une heure et pourtant, tu peux déjà utiliser ton don ! Je n'ai jamais vu ça ! »
Je ne l'avais jamais vu comme cela ; il était excité, et très curieux à la fois. Je portai une main à ma bouche, perplexe. Je pouvais faire ce genre de chose, moi qui n'étais pourtant qu'une simple humaine pas plus tard que ce matin ?
« Il faudra que je m'entraîne alors ! m'écriais-je. Il faut que j'arrive à contrôler ce pouvoir ! »
Nous nous éclipsâmes lorsque des policiers arrivèrent devant les corps sans vies des humains, et nous sortîmes de la station de métro en silence. Je méditais sur la façon dont j'allais apprivoiser ce don. A priori, il se déclenchait lorsque je me sentais en danger ... Cela n'allait pas être chose facile.
Après une dizaine de minutes de marches, nous arrivâmes devant un petit hôtel miteux, où régnait une odeur nauséabonde. Des poubelles étaient éparpillées autour de la plausible porte d'entrée, ne laissant que quelques centimètres pour pénétrer à l'intérieur du bâtiment crasseux. Ian ne s'était pas foulé pour trouver quelque chose d'à peu près bien.
« Bien, commença Ian. Nous allons passer le restant de la journée et la nuit dans ce petit hôtel, enfin, toi, car je ne suis pas rassasié. J'espère que tu ne t'ennuieras pas trop, et tâche de ne pas révéler ta véritable personnalité. (Il s'arrêta de parler puis reprit.) Tu es officiellement disparue, alors ne donne pas ton vrai nom si l'on te le demande, ma petite Rachel. »
J'avais la désagréable impression qu'il se croyait pour mon père. J'avais envie de répliquer, mais il partit dans la pénombre. Je ne lui avais pas dit mon nom, et pourtant il le connaissait. Un truc de vampire que j'apprendrais sûrement plus tard.
Je regardais vaguement autour de moi. Rien ne disait à mon instinct d'entrer, et de plus, j'allais m'ennuyé à mourir. Rassemblant tout mon courage, je pénétrais dans le petit immeuble. Je crus que la porte allait s'abattre, ce qui ne se produisit pas, à mon grand étonnement.
En réalité, l'intérieur était plutôt bien. Certes, il y avait quand même beaucoup de poussière, mais je m'attendais à ce que les meubles soient tout cassés et les poutres délabrées. C'était une grande salle spacieuse où au centre trônait un immense escalier qui donnait sur deux couloirs, un de chaque côté. Je cherchai le comptoir et l'aperçu à ma droite. Assis derrière, un vieil homme ronflait, la tête penchait en arrière. Je m'approchais et tapais à plusieurs reprises sur la petite clochette qui ne faisait qu'un son aigu désagréable. Le vieillard se réveilla non sans peine, et lorsqu'il me vit, il afficha un sourire qui laissa apercevoir ses dents cassaient. J'essayai d'articuler correctement.
« Mon ami avait réservé une chambre. »
Il prit un gros livre déchiré et farfouilla dedans.
« Ah, oui, c'est la seule de réservée, je ne vois donc pas l'intérêt de vérifier votre nom. Chambre 5, mademoiselle. Voici la clef, mais je doute que vous en ayez besoin. »
Mon nom, je n'y avais pas pensé ! Je ne connaissais que le prénom de Ian, et de toute façon, il a dû prendre un pseudo. Je remerciais l'homme qui me regardait bizarrement, et je m'éclipsais par le grand escalier. Je m'engouffrais dans l'escalier de droite. Je n'eus pas de mal à trouver ma chambre, et je compris pourquoi il avait dit que je n'aurai besoin d'aucune clef ; la serrure avait été forcée.
Cette chambre était banale ; une commode avec au-dessus un miroir, un lit, et des murs blancs – enfin, qui avaient du être blancs, puisque maintenant ils étaient gris -. Effectivement, je m'ennuyais déjà. Pourquoi je ne pouvais pas aller avec Ian ? C'aurait été plus facile, et j'aurais été complètement rassasié. Je m'affalai sur le lit dur comme du roc. Heureusement que je n'avais plus besoin de dormir, je n'aurais pas fermé l'½il de la nuit, sinon.
Je regardai par la fenêtre pendant quelque temps, puis je descendis voir le réceptionniste. Cette fois-ci, il ne dormait pas. Je posai mes coudes, bras croisés sur le comptoir et affichai un grand sourire.
« M'sieur, vous n'auriez pas par hasard une bibliothèque ? On s'ennuie ferme, et mon copain ne doit revenir que demain matin. »
Il me regarda de haut en bas, et dévoila une fois de plus ses dents jaunâtre.
« D'accord, mais il faudra un petit extra. »
Je craignais le pire.
« Un p'tit bisous et puis une bouteille de vin ? »
Je n'en revenais pas. Il ne pensait qu'à boire et à draguer des filles (bon, ok, j'avais quand même pris un léger accent de putes). J'étais un vampire, et il croyait que j'allais me laisser marchander comme ça ?
« Deux bouteilles ou rien. »
« Deux et un bisou ! » protesta-t-il.
« Deux ! J'ai dit que c'était ma dernière offre ! »
A voir comment il réagit, il n'était pas d'accord, mais visiblement il se résigna et hocha la tête. Je lui dis que j'allai chercher les bouteilles, ce que je fis. Quelques machos essayèrent de m'aborder, mais je les ignorais. Je revins fièrement avec les bouteilles de vin, et il me laissa entrer dans sa bibliothèque privée.
Je ne réfléchis même pas et cherchai tout de suite le rayon « fantastique » dans ces grandes étagères pourries par le temps. Puis au bout de quelques minutes, j'atteignis mon but. J'attrapai des livres sur les vampires, mais aucuns ne me plaisais, car ils étaient tous éternellement classiques ; histoire d'amour entre un vampire et une humaine ou l'inverse, tout cela m'ennuyait. Jusqu'à ce que je prisse un livre situé sur une des dernières étagères. Je l'ouvrai délicatement pour ne pas faire trop voler la poussière, puis je toussai et fis des gestes de mains pour dissipai la poussière.
La couverture était magnifiquement bien décorée, avec des motifs aux extrémités. Deux personnages étaient dessinés ; une jeune femme très belle qui semblait flottait avec un regard très doux, portant tendrement un bébé assoupi. La mère avait de longs cheveux qui semblaient ondulés dans l'espace – je ne distinguais pas bien sa couleur de cheveux, car le temps avait trop estompé les teintes claires, mais sans doute était-elle blonde –. La femme était très bien habillée ; elle portait une longue robe agrémentait de dentelles et autres accessoires, rappelant une famille de nobles. Le tissu des avant-bras était bouffant, et les manches finissaient par une pointe sur le dos des mains. L'enfant endormi qu'elle berçait était couvert d'un tissu cachant tout son petit corps frêle et une partie de sa tête.
Tout cet ensemble donnait un sentiment de paix, et je me demandais bien ce que j'allai trouver dans ce livre soi-disant de vampire. Dans un frisson, j'ouvris le livre intitulé « La légende des médaillons. ».
La première illustration fut celle d'un jardin fleurissant entourant un ancien manoir. Une grande allée longeait la bâtisse et s'enfonçait dans le jardin. Un balcon surplombait l'entrée centrale, et tenait grâce de grandes colonnes ornaient de cercles. Sous le dessin était inscrit « La demeure des Nenvenn. ». Sur la page de droite, un début de texte était écrit. Je lisais à voix haute.
« La famille Nenvenn est et restera sûrement une des plus grandes familles de vampires.
« Mais comme toutes les familles puissantes, ils en voulaient toujours plus. Personne ne savait ce qu'ils les avaient fait plonger dans les ténèbres, à moins qu'ils n'y s'oyaient déjà. Certains disent qu'ils voulaient faire une sorte de coup d'état et contrôler tous les vampires, puis qu'ils auraient commencé une invasion sur les humains ; mais nul ne le saura jamais, hormis les survivants du massacre.
« Une des familles de chasseurs de vampires que l'on appelle maintenant Hunters, les – on avait rayé plusieurs fois le nom jusqu'à percer un gros trou dans la feuille - , avait appris le plan des Nenvenn. Les – encore une fois, le nom était effacé – avait réuni une vingtaine d'autres Hunters. »
Après cette phrase, il fallait tourner la page, mais il n'y avait plus rien. Des feuilles avaient été arrachées, d'autres avaient été complètement inondés avec des phrases rayées rendant la lecture impossible. Je réussis quand même à déchiffrer quelques phrases ; « La mère et l'enfant, enfermé tous deux dans les médaillons, – il eu encore un blanc – retrouvés. On dit que quelqu'un les aurait pris par inadvertance. Mais ce qui est sûr, c'est que le père serait entré dans une colère noire, et qu'il a déjà sacrifié des vies afin de retrouver sa femme et son fils. » Le reste avait été effacé.
Ce livre m'intriguait, et j'aurais aimé en savoir plus sur cette famille de vampire. Je demanderais à Ian plus de renseignements sur ces Nenvenn, pensais-je. Je le pris avec moi et regagna ma chambre, accompagnait des craquements du plancher.
Je m'asseyais sur le lit et mis le livre dans mon sac. En farfouillant dedans, je me rendis compte que je n'avais toujours pas rendu un album qui appartenait à une de mes amies. Je le rangeai à un endroit visible dans mon sac pour penser à aller lui rendre.
J'étais restée tout le restant de la journée dans la bibliothèque, et j'avais « dévoré » tout les livres sur le fantastique. Je réfléchis à ce que je pouvais faire. Sortir ; en aucun cas, il suffirait que Ian est un imprévu et qu'il rentre plus tôt. Retourner dans la bibliothèque ; non, j'en avais marre de lire. Je cherchais dans mon sac quelque chose à faire et pris mon portable. Je commençai un jeu où il fallait tuer le plus de morts-vivants en lançant des citrouilles. Un jeu que j'avais téléchargé pour halloween, et le seul jeu que j'avais. Je me lassai vite, et je décidai d'aller attendre Ian à l'entrée de l'hôtel. Le gérant réceptionniste me regardait du coin de l'½il en feignant de nettoyer le comptoir, il devait bien se doutait que j'attendais une personne – ou du moins, je l'espérais car il ne m'inspirait pas confiance -.
J'attendis longtemps, peut-être une heure ou deux, que sais-je ! J'avais ouvert en grand la porte – mais il est de mon devoir de préciser que cette dernière n'était plus très jeune, donc déficiente et qu'il ne m'avait pas fallu beaucoup d'efforts pour l'ouvrir – tandis que le vent me hurlait à la figure. Mes cheveux flottants, mon visage caressant la bise d'automne, je souriais bizarrement en attendant Ian. Mais qu'il arrive ! J'en avais marre d'attendre. Il m'avait signalé qu'il n'arriverait qu'au matin, devrais-je donc attendre encore si longtemps ? Je soupirais longuement.
Je somnolais – mais en étais-je vraiment capable puisque les vampires ne dorment pas ? – lorsque je sentis quelqu'un qui me secouait vivement. J'ouvris soudainement les yeux et vis Ian, tremblant.
« Dépêche et embarque ! » chuchota-t-il en me désignant une voiture dont la marque m'étais inconnue, quoique je n'y connaissais pas grand-chose.
Je ne comprenais pas son empressement. Il avait l'air bouleversé. Je serrais mon sac en bandoulière en tâtant le livre. Je ne réagissais pas, et je devinai que Ian n'allait pas attendre que je comprenne moi-même ce qu'il se passait.
« J'ai dit : embarque ! », cria-t-il.
Je ne savais pas qu'il avait une voiture, et je me demandais s'il l'avait volé. Je lui obéis et je m'assis à côté de la place du chauffeur.
Il s'empressa de me rejoindre, démarra et fonça à toute allure. Heureusement qu'il faisait nuit, car sinon je craignais qu'il n'offre un aller à l'hôpital pour plusieurs conducteurs, même si je dois avouer qu'aller vite me convenait très bien. Nous nous dirigeâmes vers la sortie de la ville, même si c'était encore loin. Ian angoissait, je le ressentais. Il dégageait une aura puissante que je ne trouvais pas agréable, et encore plus dans ces moments-là. Il restait muet, et se concentrait sur la route. Il pourrait au moins me donner une explication ! J'essayai de commencer la discussion, assez maladroitement je dois dire.
« Ian ! Mais que ce passe-t-il ? Tu reste muet, et j'ai le droit à des explications, il me semble ! » m'exclamais-je.
Il me jeta un bref coup d'½il, mais ne répondit pas. Je lui re-demanda pourquoi il était dans cet état.
Je commençai peu à peu à désespérer qu'il me réponde, lorsqu'il tapa violemment sur le tableau de bord. Je sursautai.
« Mais pourquoi est-ce que je t'ai choisi ?! (Il me regarda en fronçant les sourcils. Il était vraiment en colère.) Hein ?! Tu peux me le dire ?! »
Il attrapa mon T-shirt et me souleva du siège ; j'eus un hoquet de peur. Je tenais fermement sa main en le suppliant de me lâcher et de regarder la route. On klaxonna sur notre passage, mais nous ne pouvions pas cesser de nous dévisager. Moi, tremblante de peur, et lui, me scrutant avec une colère inouïe. J'avais les larmes aux yeux ; j'étais persuadée que nous allions atterrir contre un immeuble ou pire, qu'il me tue ! Rassemblant tout mon courage, j'essayai de riposter.
« Mais qu'est-ce que j'en sais, moi ? Est-ce que j'ai demandé quelque chose ? Non, ben voilà ! Dis-moi au moins ce qu'il se passe, et lâche moi, bon sang ! Tu m'énerves à toujours changer de caractère en moins d'une minute ! »
Il me lâcha enfin, quoique assez brutalement, car je m'aplatis contre la vitre et failli la casser. Il me lançait un peu plus fort et je passai par-dessus bord.
« Bon. Des gens te cherchent. Et ils ne sont pas commodes, crois-moi ! Ils m'ont certifié qu'ils ne te feraient rien, mais je n'en crois pas un mot ! Je ne sais pas exactement ce qu'ils te veulent ; mais apparemment tu détiens quelque chose qu'ils veulent absolument. »
« Quelque chose ... Comme quoi ? Enfin, je veux dire ... Je n'ai rien de spécialement précieux ... »
« Je ne pense pas. Cherche, réfléchis ! Ils avaient l'air de bien te connaître, ils n'ont pas dû se tromper de personne ! »
J'essayai de me concentrer. Je croisais les bras et fermais les yeux. Qu'avais-je de précieux ? Mes parents étaient morts ... Mes parents, ça avait sûrement un rapport avec eux. Ils m'avaient sûrement donné quelque chose qui me tienne à c½ur. Mais oui, voilà ! Je sortis de sous mon T-shirt le collier que ma mère m'avait donné ; elle avait exactement le même. Je le portais toujours avec moi, car il lui tenait à c½ur, et chaque fois que l'on nous voyait ensemble avec ces colliers, elle avait l'air heureuse. C'était la seule chose qui me reliait à elle, la chose la plus précieuse.
« Hum ... Mon collier. Je pense que c'est ça, mais je ne vois pas ce qu'il y a de spécial, mais ma mère avait le même. »
En le voyant, il sembla encore plus angoissé.
Apparemment, on voulait bien mon collier. Restait à savoir ce qu'il avait de spécial, pour que l'on me pourchasse.

À suivre ...
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# Posted on Sunday, 06 December 2009 at 2:39 PM